December 2010 - Liability Webzine

Encore un groupe que je découvre sur le tard. Merced, le dernier album en dâte de Templo Diez, je l'ai reçu il y a un bon moment, mais comme beaucoup de disques que je reçois il était de ceux qui n'était pas parmi les priorités. Fatale erreur, car le groupe de Pascal Hallibert est des plus méritant et même un an après sa sortie il n'est pas inutile de parler de Merced. En effet, ce disque solaire, bien qu'il ne soit le plus novateur du monde, est d'une classe intemporelle, un rock éclairé aussi électrique qu'accoustique qui n'est pas sans rappeler, par certains endroits, l'expérience Kat Onoma. De plus, comment ne pas penser à Gloribel Hernandez, récemment disparue, cette multi-instrumentiste et chanteuse qui était sans doute pour beaucoup dans l'ossature sonore du groupe. Cependant, Merced ne sonne pas comme un éloge funèbre. Bien au contraire, il brille de mille feux comme pour célébrer la vie. Templo Diez n'est pas un groupe sombre ou déprimant, il exprime tout simplement la beauté des formes, des mots, des sons. Il faut bien comprendre cela sinon il s'avère assez difficile d'écouter ce disque jusqu'au bout.

Merced n'est pas un disque instinctif qui met toutes ses valeurs dans un rock viscéral et arrogant. Templo Diez a quelque chose de plus profond, plus adulte mais à contrario d'autres groupes qui donnent l'impression d'être vieux avant l'âge, la formation de La Hague joue avec maturité mais aussi une belle emphase. De fait, un album comme Merced nous renvoie un écho majestueux fait de chansons habitées, un post-folk qui peut être aussi classique que tourné vers des expériences un peu plus sales. Le spectre de l'Americana réapparait donc, mais une Americana transformée, ballotée, jamais ancrée dans les mêmes sphères. Ainsi, nous sommes assez loin de toute monotonie et on sait par avance que ce disque vieillira de bien meilleure façon que n'importe quel disque qui est collé à la moindre mode ephémère.

(Fabien)

Back